L’histoire d’AgroParisTech

Quelques repères

Paris, Grignon, l’INA P-G

En 1826 à Grignon, l’Institution royale agronomique est créée. Elle dispense un enseignement théorique et appliqué. Le vaste domaine de Grignon sert d’expérimentations à la recherche. En 1870, elle devient l’École nationale d’agriculture et décerne à ses étudiants le diplôme d’ingénieur agricole. Elle accueille également des étudiants étrangers et vise à faire progresser l’agriculture et les sciences agronomiques en France et de par le monde.


Institut national agronomique, Paris-Grignon, 1920-1930

En 1848, à Versailles, l’Institut national agronomique (INA) est créé. Il s’installe ensuite à Paris en 1876 dans les locaux du Conservatoire des arts et métiers puis est finalement implanté en 1890 dans l’ancienne École de pharmacie au coin des rues de l’arbalète et de la rue Claude Bernard à Paris.
En 1918, la première fille admise par concours intègre l’école.
Dès la fin de la Deuxième Guerre, la formation évolue avec la mise en place d’une troisième année optionnelle et la délivrance du diplôme d’ingénieur retardée d’un an.


Institut national agronomique, Paris (École supérieure de l’agriculture, 1ère de couverture)

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’école s’engage dans la résistance. Les étudiants défilent dans les rues de Paris le 11 novembre 1940 malgré l’interdiction allemande. À Grignon dans la serre, un réseau de renseignements se constitue impliquant le directeur, des membres du personnel et des étudiants. Un agent du SOE anglais, la princesse Noor Inayat Khan, dite Madeleine les rejoint pour passer des messages radio au réseau « Prosper ». Elle est vendue à la gestapo en 1942 et exécutée à Dachau. Le réseau est démantelé le 1er juillet 1943 par la Gestapo. Ses membres sont déportés, seul un membre du réseau survivra.

La loi sur l’enseignement agricole de 1960 marque un rapprochement entre les deux écoles. Grignon devient École nationale supérieure agricole, ses étudiants se voient décerner un diplôme d’ingénieur agronome, monopole jusqu’à présent de l’INA.
À partir de ce moment, les concours d’entrée sont réalisés en commun. Puis en 1971, les deux écoles fusionnent. L’Institut national agronomique Paris-Grignon est créé (INA P-G). La première année se fait sur le site de Grignon, la seconde à Paris.

Nancy, Paris, L’ENGREF

L’ENEF
L’École forestière est fondée à Nancy en 1824. Sa situation géographique lui permet de bénéficier des forêts lorraines et de créer des échanges avec la foresterie allemande. À la fin du XIXème siècle, elle devient l’École nationale des eaux et forêts. Son rayonnement s’étend au-delà des frontières. Elle devient une école d’application pour l’Institut national agronomique et l’Institut polytechnique. En 1892, la recherche forestière française est créée par arrêté et s’installe au cœur de l’école. Les professeurs y prennent une part active et créent en 1892 l’Union internationale des instituts de recherches forestières avec leurs confrères allemands suisses et autrichiens.


École nationale des eaux et forêts, Nancy

L’ENGR
L’École nationale du génie rural, école d’application de l’Institut national agronomique est créée en 1919 au lendemain de la Première Guerre mondiale quand la France qui doit être reconstruite a besoin d’ingénieurs. En 1923, elle s’installe rue du Maine à Paris. Elle donne aux élèves agronomes les compétences d’ingénieur du génie rural et plus tard s’ouvre aux polytechniciens.


École nationale du génie rural, Paris (vue aérienne de l’avenue du Maine)

En 1965 l’École nationale du génie rural des eaux et des forêts (ENGREF) est créée, elle rassemble l’École nationale du génie rurale et l’École nationale des eaux et forêts.

Cela suit la logique d’Edgar Pisani, alors ministre de l’Agriculture sous la présidence du général de Gaulle, qui regroupe ces services au sein de son ministère.
L’ENGREF développe des formations sur la forêt tropicale à Kourou en 1986, sur l’eau à Montpellier en 1989 et enfin sur l’aménagement du territoire en 1997 à Clermont-Ferrand.
L’ENGREF forme des ingénieurs d’Etat et des ingénieurs civils qui sont amenés à travailler dans le secteur privé. Elle intervient dans les domaines de l’équipement, l’agronomie, la forêt, l’eau, l’aménagement de l’espace rural, l’environnement, les haras, le machinisme agricole. Elle délivre des doctorats dans ces domaines.
Elle est intégrée en tant qu’école interne d’AgroParisTech et s’occupe des formations post-master : (AgroParisTech executive qui comporte des Mastères spécialisés et la formation continue et Ingénieur des Ponts, des Eaux et Forêts (IPEF)

Massy, L’ENSIA

En 1893, L’École des industries agricole est créée sous l’impulsion de l’industrie sucrière. Elle émane plus précisément d’une demande de l’Association des chimistes de sucrerie et distillerie. Ceux-ci souhaitent en effet améliorer leur formation.
En 1881, le ministère de l’Agriculture réorganise son enseignement avec le concours d’Eugène Tisserand, premier directeur de l’Institut agronomique à Paris. Cette école s’intègre donc dans le projet d’enseignement du ministère. Ainsi en 1892, l’École des cultures industrielles et des industries annexes de la ferme voit le jour à Douai. Le terme d’ « industries agricoles » est introduit pour la première fois en 1893.
Après la Deuxième Guerre mondiale, la France réalise l’importance du ravitaillement et de l’alimentation. L’école élargit ainsi son enseignement à presque toutes les filières et s’implante à Paris.
En 1944, la densification du programme d’enseignement implique la mise en place d’une troisième année. Puis en 1954, l’école reçoit le titre d’École nationale des industries agricoles et alimentaires et dispense alors les techniques des industries alimentaires.
L’implantation de l’école à Paris élargit le recrutement, il y a une élévation très nette du niveau scolaire des étudiants admis. En 1960, elle devient véritablement une grande école : l’École nationale supérieure des industries agricoles et alimentaires (ENSIA). Elle s’installe définitivement à Massy en 1961. À partir de 1962, le génie alimentaire est la discipline scientifique de base de l’école qui dispense désormais un enseignement transverse non plus par filières mais par processus de transformation. Une nouvelle discipline se développe, les sciences des aliments.
L’ENSIA rejoint le projet d’enseignement et de recherche d’AgroParisTech et y apporte un savoir-faire essentiel.


École nationale supérieure des industries agricoles et alimentaires, Massy

AgroParisTech ...

Ainsi donc en 2007, ces 3 écoles se regroupent au cœur d’un nouveau projet d’enseignement, sous le nom... d’AgroParisTech, établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel (EPCSCP) réparti sur huit sites géographiques.